I won't D'après la chanson de Colbie Caillat

I won't  D'après la chanson de Colbie Caillat
Elle est belle, intelligente, fiancée. Mieux, elle a sa vie devant elle. Alors, pourquoi a-t-elle des doutes ? Lui, il revient enfin chez lui. Après des années, il vient de poser son sac dans sa chambre d'adolescent. Prêt à démarrer une nouvelle vie et à aller de l'avant. Alors pourquoi a-t-il ce sentiment de manque ? Et puis, soudain tout revient. Ces deux là se sont aimés. Trop, mal. Mais ils se sont aimés. Et leur histoire est loin d'être terminée.


« Parce que je meurs, putain. Quand je t'imagine avec lui, je meurs. »


Avec Zach Gilford & Anna Kendrick

<< Cause when you took my heart, you took it all
When you gave it back, it fell apart so
I won't do what you told me
I won't do what you said, no
I'm not gonna stop feeling
I'm not gonna forget it
I don't wanna start over
I don't wanna pretend that you are not my lover
That you are only a friend
Friend, i won't. >>

# Posted on Wednesday, 16 September 2009 at 5:02 PM

Edited on Thursday, 01 October 2009 at 3:58 PM

Newsletter

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# Posted on Wednesday, 16 September 2009 at 5:23 PM

Edited on Wednesday, 25 November 2009 at 9:57 AM

Prologue

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Parfois, on se loupe. C'est con, mais c'est comme ça. Tous les jours, des âmes-s½urs se croisent sans se voir. Tous les jours. Parce qu'on a pris un raccourci, parce qu'un gamin a traversé sur la chaussée, parce que quelques gouttes de café ont glissé sur notre tailleur. Parce que la vie. L'amour tient souvent à quelques gouttes sur un chemisier Gucci. Souvent.
Et puis, parfois, rarement, une chute, un sourire, une bousculade, un regard. Et Cupidon fait son ½uvre. L'amour à cent à l'heure, l'autre comme point de repère. Le vent qui nous gèle le nez à force de l'avoir aimé dehors, pendant une heure, trop avide de l'autre pour prendre le temps de rentrer.
Et il arrive alors que le bonheur nous tombe dessus, et qu'on l'apprivoise assez vite pour le maintenir animé le temps d'une vie. De deux vies. Mais ces amants chanceux sont des espèces rares, fuyantes, secrètes, avares de leur amour.
Et le plus souvent, nous n'avons pas le temps de nous aimer assez, de nous aimer correctement. Parce que la vie.
Daniel et Elina sont de ceux à qui le temps a échappé trop vite. Parce que la vie.
Aujourd'hui, la seconde chance dont presque tout le monde rêve leur est donnée. Sauront-ils la saisir ?

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# Posted on Wednesday, 16 September 2009 at 5:56 PM

Edited on Wednesday, 04 November 2009 at 1:07 PM

Daniel, je ne t'aimerais plus. Plus jamais. Je ne te le promets pas, parce que moi, je tiens mes promesses. Mais, vraiment, je ne t'aimerais plus.

Daniel, je ne t’aimerais plus. Plus jamais. Je ne te le promets pas, parce que moi, je tiens mes promesses. Mais, vraiment, je ne t’aimerais plus.

Flowers for a ghost - Thriving Ivory
<< See my head aches from all this thinkin'
Feels like a ship God, God knows I'm sinkin'
Wonder what you do and where it is you stay
These questions like a whirlwind, they carry me away >>


« Alors, je te quitte. Ironique, bête, stupide. Ridicule même, vu que c'est toi qui est parti. Mais voilà, je te quitte. J'arrête de t'aimer, parce que ça me fait trop mal. Et j'en ai marre de souffrir, bien que ce soit la seule chose que je sois capable de faire bien. Enfin, t'aimer, aussi, je savais le faire. Hein, je savais le faire ? Quand je relève la tête et que je vois cette photo. Celle que tu aimais tant, je me dis qu'il est temps de passer à autre chose. D'aller de l'avant, comme ils disent tous. Qu'est-ce qu'ils m'emmerdent avec ça, d'ailleurs.
Toi tu saurais me comprendre. T'as toujours été le seul à me comprendre. Et je m'en foutais des autres, parce que tu me promettais que tu serais toujours là. Et pire, je te croyais. Quelle cruche, quand on y pense.
Bref, revenons-en au fait. Daniel, je ne t'aimerais plus. Plus jamais. Je ne te le promets pas, parce que moi, je tiens mes promesses. Mais, vraiment, je ne t'aimerais plus.

Elina. »



Les mains encore tremblantes, il enfouit la vieille lettre déchirée dans sa poche. Il tenta d'ignorer les grognements de son c½ur et releva la tête vers le volant. Derrière le pare-brise de sa Mustang, se dressait la maison de son enfance. Jaune pâle, elle se tenait sur de vieilles colonnes centenaires qui semblaient sur le point de se rompre. Daniel ne comprenait pas comment la vieille baraque avait pu tenir aussi longtemps. Bientôt, il sortit de la voiture et se teint un moment debout devant la barrière du jardin. Rien n'avait changé, finalement.

La porte de l'entrée s'ouvrit sur un vieil homme accroché à une canne. Daniel le regarda en silence un moment, avant de se précipiter à sa rencontre.


« Daniel, tu n'as pas changé, fiston. » Dit-il d'une voix rauque.


Son père avait vieillit, en revanche. Le jeune homme eut du mal à retrouver dans le visage de son interlocuteur les traits de celui qui l'avait élevé. Il avait à présent au fond des yeux, cet air las et fatigué que Daniel avait toujours redouté. Le même que sa mère avait avant de partir.

Il suivit l'homme à l'intérieur, redécouvrit tout ce qui lui avait tant manqué pendant ces années d'absence. Les photos, la vaisselle en porcelaine, les tableaux, le vieux papier peint. Il monta l'escalier de bois et arriva bientôt dans son ancienne chambre. Tout y était intact. Rien n'avait bougé depuis son départ. Des photos d'elle, partout. Des photos d'eux. Quelques-unes de son père. Une photo où Daniel mangeait des burgers en rigolant avec Ian, son meilleur ami. Ces souvenirs semblaient si lointains. Comme une autre vie. Il laissa tomber son sac sur son vieux lit d'adolescent. La housse de couette était toujours la même. Quadrillée, bleu marine et blanche. Il leva la tête et réalisa alors que les volets étaient fermés et la pièce plongée dans une totale obscurité. Il se hâta de les ouvrir et laissa les fenêtres ouvertes. La chambre semblait à présent plus belle, plus grande. Il arrivait presque à retrouver l'odeur de leurs baisers. Ils s'étaient aimés tellement forts, ici. Tellement fort.

Il descendit les escaliers à grands pas. D'un coup, il n'était plus sûr que revenir était une bonne idée, en fin de compte. Il avait trop de souvenirs douloureux ici. Douloureux, par sa faute. Elle avait raison, c'était lui qui était parti le premier.

Il se rua vers la porte. Vite, de l'air. Il avait tenté d'oublier pendant cinq ans. De l'oublier, elle. Et là, tout était trop présent, brûlant, vivant. Son c½ur était soudain à nouveau en sang. En sang de l'aimer trop, de l'avoir aimée mal. De l'avoir laissée toute seule. Il murmura des mots inaudibles à son père. Il sortait. Voilà. A plus tard. Il court, le garçon, il court. Jusqu'à plus de souffle. Jusqu'à la vie. Encore. Encore. Jusqu'à la vie. Les balançoires, le tobogan, l'herbe mal coupée. Tout était là.

Tout était là, unique. Terrible. Comme si le temps s'était arrêté pendant ces quelques années. Comme si rien n'avait changé.

Mais, bien sûr, tout avait changé. Parce qu'elle était tout et qu'elle n'était plus là. Et que c'était de sa faute à lui, d'ailleurs. Si elle n'était plus là. Mais elle n'était plus là, et tout semblait terriblement faux, sans elle. Sans son sourire, ses yeux rieurs et sa grâce enfantine.


*


Daniel ouvrit le tiroir de sa table de nuit. Il fouilla quelques temps avant de trouver la photo qu'il cherchait. Deux enfants d'à peine quatre ou cinq ans s'y trouvaient. Assis sur un vieux banc dont la peinture s'écaillait. La main dans la main.

Il se leva difficilement de son lit sur lequel il était assis. La fenêtre, vite. Un peu d'air. La nuit était tombée depuis plusieurs heures à présent. Instinctivement, il regarda vers sa maison à elle. Sa fenêtre à elle. Bien sûr, elle n'était pas là. Il n'était même pas sûr que ses parents vivent encore là. Autrefois, ils auraient passé des heures à se faire des signes par la fenêtre. Jusqu'à ce que l'un des deux rejoigne l'autre. Ouais. Ils étaient heureux, ces cons. Daniel se demandait parfois si ça n'avait pas été un rêve. Et ça l'avait été, d'une certaine manière. Soudain, des crissements de pneus, des phares trop forts. Des rires. Et la porte d'une superbe décapotable qui s'ouvre sur une silhouette que Daniel reconnaîtrait entre mille. Vite, il rentre la tête et se laisse tomber sur sa vieille couette. Alors, elle est encore là. Elle vit encore là. Dans cette rue qui les a vu grandir, qui les a vu s'aimer. Elina.


llll

J'admets que je n'ai rien de Barjavel ou Nicolas Sparks. Ni de Salinger, ou Stendhal.
Je ne sais pas écrire comme Zola, Maupassant ou Céline.
Mais j'aime écrire. Et ce qui importe. C'est ce qui m'importe, du moins.
Vos impressions sont les bienvenues.
Et merci d'avoir lu, vraiment.
Ah oui, et l'image est d'elle. Merci encore.

# Posted on Thursday, 01 October 2009 at 5:02 PM

Edited on Sunday, 18 October 2009 at 6:08 PM

Elle s'attachait à ses souvenirs, comme une enfant s'accrocherait à une poupée déchirée. Sans vouloir admettre que les blessures ne cicatriseront jamais.

Elle s’attachait à ses souvenirs, comme une enfant s’accrocherait à une poupée déchirée. Sans vouloir admettre que les blessures ne cicatriseront jamais.

When you're gone - Avril Lavigne
<< When you're gone
The pieces of my heart
are missing you >>


Haletante, Elina ferma la porte de sa chambre derrière elle. Elle aurait juré avoir vu quelque chose bouger à la fenêtre de la maison d'à côté. La fenêtre sur la gauche. Celle du haut. Celle de Daniel. Mais à présent qu'elle regardait, tout semblait aussi calme que ça l'avait été ces cinq dernières années. Elle soupira et s'assit sur son vieux fauteuil rouge. Peu importe ce qu'elle pouvait dire ou faire, Daniel la hanterait toujours. Elle regarda autour d'elle. Tout dans la pièce lui rappelait son amour perdu. La peinture dont elle avait choisi la couleur avec lui, son bureau sur lequel ils avaient gravé leurs initiales, l'armoire dans laquelle ils avaient passé des heures à refaire le monde. Le fauteuil rouge, même. Dans lequel il s'était si souvent assis. Son passé la rattrapait. Quoiqu'elle fasse, où qu'elle aille. Il serait toujours là. Et toujours aussi cruellement absent. Et elle suffoquait. Elle suffoquait. D'être encore incapable, cinq ans après, d'avancer. De penser à autre chose. Elle étouffait d'être obligée de continuer à vivre à travers lui, alors qu'il l'avait abandonnée. Alors qu'il s'était barré. Elle s'en voulait. Elle lui en voulait. Et elle en pleurait, parce qu'aussi con que ça pouvait paraître, elle l'aimait toujours.

Même si aimer, au fond, elle n'était même plus sûre de savoir ce que ça voulait vraiment dire. Souffrir. Oh oui, elle se souvenait de cette partie-là de l'amour. Elle s'en souvenait même que trop bien. Parce que cette putain de douleur qu'elle ne pouvait nommer la bouffait de l'intérieur. Son c½ur, il n'en était que plus déchiqueté de cette histoire, de ces espoirs. De ces attentes, cruellement déçue à chaque fois. Elle s'attachait à ses souvenirs, comme une enfant s'accrocherait à une poupée déchirée. Sans vouloir admettre que les blessures ne cicatriseront jamais.

Comme une envie de pleurer sans savoir pourquoi. Le sentiment qu'elle passe à côté de sa vie. C'est qu'Elina, elle en avait des rêves. Avec Daniel, ils en avaient des rêves. Vous connaissez la suite. Le mec se tire, et la fille attend sans fin qu'il revienne. Mais elle avait avancé, n'est-ce pas ? Elle ne l'attendait plus. Elle était à nouveau amoureuse. Elle allait même se marier. Fonder une famille. Alors pourquoi avait-elle le sentiment qu'il manquait quelque chose ?

Comme Elina regrettait à présent ce jour d'hiver des années plus tôt. Cette foutue balançoire sur laquelle il avait fallu qu'elle s'asseye. Ce gamin qui lui avait foncé dessus. Qui l'avait faite tomber. Parce qu'à l'époque, elle n'avait pas idée. Lui non plus, d'ailleurs, il n'avait pas idée de ce que cette petite allait faire à son c½ur. Il s'était excusé. Désolé. Et il était reparti à ses occupations, persuadé d'en avoir fini avec elle. Mais il n'en avait pas fini. Il n'en aurait jamais fini avec elle.

Si elle avait su, l'aurait-elle quand même suivi ce jour là ? Lui aurait-elle dit, fière comme Artaban, que deux et un, ça faisait 3. Qu'elle s'appelait Elina et qu'il était sûrement très bête, puisque, de toute façon, tous les garçons étaient bêtes.

Soudain, elle se leva vite. Très vite, trop vite. Sa tête tourna quelques secondes, elle reprit ses esprits et fonça vers la fenêtre. Parce que son c½ur avait frémit. Elle avait besoin de vérifier. Juste un détail. Doucement, pleine d'appréhension, d'espoir aussi. Peut-être, un peu d'espoir...Elle lève les yeux vers cette fenêtre qu'elle connaît trop bien. Son c½ur ratte un battement, ses poumons s'enflamment. Comme si soudain, elle était incapable de respirer et qu'elle redécouvrait, en même temps, la sensation de l'oxygène. Parce que ce qu'elle voit, elle l'attendait sans se l'avouer depuis des années. Ce foutu détail. Des volets ouverts à la fenêtre de la maison d'en face. Un détail comme un autre pour certains. Mais pour elle, c'est le détail d'une vie.


Voilà la suite. Elina sait maintenant qu'il est là.
Je n'ai aucune idée de où cette histoire va aller.
Droit dans le mur, sûrement. Pour le moment, j'aime l'écrire, alors...
J'espère que sincèrement que vous aimez la lire :)
Clémence

# Posted on Sunday, 18 October 2009 at 6:02 PM